Ils sont plus de 14% à s’autodéclarer en “mauvaise santé mentale”, mais plus de 25% à souffrir de dépression : une différence qui révèle un décalage important entre la perception de son état psychique et les symptômes vécus. Les 15-29 ans n’ont jamais été dans une telle détresse émotionnelle et psychique. Zoom sur l’étude de la Mutualité Française, sortie en septembre 2025.
C’est en Outre-mer que les chiffres sont les plus alarmants : 39% des 15-29 ans traversent un épisode dépressif, selon un questionnaire de référence pour identifier les troubles de la santé mentale. Près de la moitié des jeunes ultra-marins se sentent délaissés par les pouvoirs publics, soit plus du double de la moyenne nationale.
Si l’écart entre hommes et femmes se réduit avec l’âge, les jeunes filles sont globalement plus nombreuses à souffrir de dépression. Toutefois, ces chiffres sont à relativiser, les troubles de la santé mentale étant globalement moins bien diagnostiqués chez les hommes que chez les femmes.
Un autre enseignement important : les évolutions de l’adolescence ne sauraient expliquer seules cette détresse psychique des plus jeunes. En effet, la prévalence de la dépression augmente avec l’avancée en âge et l’entrée dans l’âge adulte, un fait probablement dû à une anxiété plus forte que jamais.
Etudes, métier, précarité, la santé mentale est conséquence directe du cadre de vie des jeunes. Près de la moitié d’entre eux déplorent des rythmes de vie inadaptés et renoncent à des activités en raison des difficultés de transports.
Le harcèlement en ligne est aussi une donnée clé : les jeunes qui en ont été victimes sont globalement plus préoccupés par leur avenir que ceux qui n’en ont pas directement souffert.